Glaneuse d’ombre, Bernard David, 2022

Glaneuse d’ombre, Bernard David, 2022
Chercheur et glaneuse d'ombre, In situ...

 

Les photographies d’Anaïs Boudot prennent racine à l’encre de l’ombre.

Ces arbres, ils sont. Et pourquoi existent-ils autant ?

Elle les a vus, photographiés simplement. Et elle nous les révèle plus intensément par l’image.

 

Malgré la profondeur du noir et l’épaisseur sombre des ombres ces photographies nous éclairent. Ici le noir fait poindre l’indéfinissable du vivant. Plus précisément,
il permet de retrouver l’émotion première de la rencontre avec ces arbres.

      

Au laboratoire le cliché initial est un point de départ pour ses manipulations comme un croquis pour un peintre. Cette exploration technique accentue le mystère, tend à faire découvrir un passage vers l’indicible.

      

Une parole semble sourdre de ces troncs à la langue de bois.

 

Ces arbres, dans leur densité minérale puisée dans l’obscur de la terre rendent tellement compte du miracle de la vie.

Dans les cavités de ces trognes, nous pouvons nous réfugier, graver nos souhaits, cacher notre contrebande d’ex-voto entre conscient et inconscient.

 

Ces photographies : ni la nuit, ni le jour, juste l’heure ou l’impalpable s’effleure.

Ces arbres, colporteurs d’éternité racontent leur voyage dans le temps et ses stigmates. Certainement quelques vieux guetteurs vigilants des temps sombres à venir, ou éclaireurs rassurants d’horizons lumineux futurs ?

 

Anaïs Boudot ne nous fait pas obligatoirement lever les yeux sur eux ; mais plutôt pénétrer en leur cœur.