Mission photographique, Txema Agiriano, 2018

Mission photographique, Txema Agiriano, 2018

Anaïs Boudot poursuit ses propres missions photographiques qui rappellent celles des photographes du 19ème siècle. Des expéditions dans la nature qui ont un objectif clairement défini. Elle sait ce qu’elle y recherche et ne prend que les photos nécessaires. Ses prises de vues ont une finalité heureuse. Elle profite de l’air, de la lumière, des odeurs… Elle observe les fougères et les autres plantes et doit parfois se retenir pour ne pas ramasser pierres, coquillages, végétaux, fossiles ou quelqu’autre chose qui lui paraitrait intéressant et qui, dans un processus à la croisée de l’alchimique et du lyrique pourrait se transformer en photogramme ou encore intégrer son cabinet de curiosité, devenant poésie non verbale. Les vagues de la mer Cantabrique, viennent fouetter les rocher côtiers. Anaïs saisit l’instant. Ensuite, viendra le travail de laboratoire et d’atelier. Comme une roche sédimentaire, l’artiste rentre dans un processus de diagénèse, peu à peu, à l’aide de peinture, elle travaille couche après couche sur l’image de gélatine argentique qu’elle a au préalable révélé sur verre. Lumières et ombres, opacité et transparence. La représentation photographique se transforme en un paysage onirique. Qui plus est, pendant ce processus, la temporalité de la séquence a oublié de se faire objective et l’exposition a changé. Un nuage est-il passé à ce moment ? Nous ne le savons pas, mais la densité change. Pendant la durée de ce petit film poétique, les rochers apparaissent et disparaissent sous les vagues.

Txema Agiriano 2018